Ce jour là, en début d'après-midi, R. m'a téléphoné pour me dire ce qu'il venait d'entendre à la radio. C'était encore assez flou.
Je suis sortie faire une course. A la boucherie on en parlait un peu. Certains n'en savaient rien.
Je suis rentrée et j'ai allumé la TV. Et je suis restée scotchée, horrifiée devant ce que j'y voyais. Je ne pouvais pas détacher mes yeux de l'écran.

Le soir, ma fille et mon beau-fils sont passés. Ils n'avaient encore vu aucune image. Ils sont restés avec moi une heure ou deux. Je ne sais plus ce qu'on s'est dit sauf qu'à un moment on a ri de la tête du présentateur d'une chaîne. La pression...
Ils sont rentrés chez eux et moi je ne pouvais toujours pas quitter la TV des yeux. Je me sentais même un peu honteuse de regarder ces images de gens qui se jetaient dans le vide. Je ne sais pas à quelle heure j'ai éteint la télévision. J'ai pris quelque chose pour essayer de dormir.

Qu'est-ce qui m'a le plus marquée? L'horreur de cet attentat? Comment des êtres humains pouvaient faire une telle chose à d'autres êtres humains innocents? La pensée de ces hommes et ces femmes qui ne savaient pas ce qui leur arrivait? Le désarroi de ceux qui cherchaient leurs proches? La réalité qui dépassait le pire scénario de film catastrophe?

Si j'écris tout ça ici, c'est parce que tant d'émotions remontent, que je ne peux les partager avec personne et que j'en ai besoin. Et pourtant, ce que je ressens est tellement  microscopique à côté de ce qu'on vécu les New Yorkais ce jour là.

Ce matin, je suis passée chez ma mère. Elle est catholique et je lui ai dit "On est dimanche aujourd'hui, n'oublie pas de regarder la messe à la TV (une des rares choses qui rythment encore sa vie). On priera certainement pour les victimes du 11 septembre. Elle m'a regardée et m'a demandé "pourquoi le 11 septembre?" Elle a tout oublié. C'est peut-être mieux ainsi. 

Un "billet" bien banal?  It's up to you...